Facebook, Myspace, Viadeo, LinkedIn, Twitter... vous en connaissez forcément quelques uns et peut-être d'autres, sont des sites de réseaux sociaux qui permettent de mettre leurs abonnés en relation afin qu'ils échangent les informations qu'ils souhaitent. Malheureusement, ces sites ont tous les mêmes défauts. Ce sont des systèmes centralisés et opaques.
Un système centralisé car toutes les informations relatives aux membres d'un réseau sont stockées sur l'infrastructure informatique d'une seule entité, souvent une entité commerciale. Si cette entité vient à disparaitre ou à être défaillante, c'est tout le réseau social qu'elle supporte qui s'écroule.
Un système opaque car l'entité qui gère le réseau social ne publie pas le code source de son logiciel. On ne peut donc pas savoir précisément ce qu'il advient des données des internautes utilisant le réseau. Certains voient cette opacité comme un gage de sécurité mais la publication du code source des Logiciels Libres a souvent démontré le contraire par une réactivité plus grande lors de la découverte de failles.
Je ne rentrerai pas dans les détails des risques encourus à publier des informations personnelles sur ce type site, certains le font beaucoup mieux que moi.
Ces deux défauts me gênent de plus en plus au point de n'utiliser ces réseaux centralisés propriétaires qu'exceptionnellement en ayant supprimer les informations superflues que j'y publiais jusqu'alors. Malgré tout, je trouve le principe du réseau social plutôt sympathique et j'avoue avoir du mal à m'en passer. Ceci m'a poussé à explorer d'autres solutions qui conviendraient mieux à mes attentes, c'est à dire, des réseaux décentralisés basés sur des logiciels libres. Et bien, je me suis rendu compte que je n'étais pas le seul à rechercher de telles alternatives... mais en vain. Hormis StatusNet, dont je vous ai déjà parlé, mais qui ne répond qu'à une partie des fonctionnalités d'un réseau social.
Depuis quelques mois, une partie de la communauté libre, celle qui comme moi était à l'affut d'une alternative, est en effervescence pour bâtir sa solution réseau social... et celle-ci est en fait un ensemble de solutions ! Quelle est la plus grande liberté que celle d'avoir le choix ? Malgré tout, cette liberté semble avoir un inconvénient : si j'utilise la solution A et que certains de mes amis préfèrent utiliser la solution B, comment vais-je pouvoir échanger avec eux ? Et bien c'est la question à laquelle les développeurs de ces différents logiciels vont tenter de répondre le 18 juillet 2010 à Porland lors d'un sommet organisé par StatusNet Inc. L'objectif est de permettre à différentes applications de type réseau social de communiquer entre elles. Ces applications ont déjà la volonté d'être à la fois libres et décentralisées : c'est à dire que vous et moi pourrons les installer sur les machines de notre choix afin de garder la maîtrise des données qu'elles gèreront sans être dépendant d'une société dont on ne connait pas les objectifs. Si en plus ces logiciels sont compatibles entre eux, que demander de plus ?
Les principaux projets sont les suivants :
- Gnu Social (ex Daisy Chain), soutenu par la FSF, qui envisage d'étendre les fonctionnalités de StatusNet qui est déjà libre et décentralisé.
- Diaspora, projet récent ayant trouvé de nombreux donateurs pour financer son développement
- Google Buzz, application permettant de partager rapidement de l'information et qui reste pour le moment très centralisée
- DiSo, une extension de Wordpress permettant aux blogueurs d'échanger
- OneSocialWeb, basé sur le protocole de messagerie instantanée XMPP comme Jabber ou Google Talk
- BuddyPress, une autre extension Wordpress
- Dreamwidth, une plateforme sociale open source...
Je pense que seuls les projets qui réussiront à communiquer avec d'autres seront viables. Ceux qui voudront franchir le pas et quitter les réseaux propriétaires le feront s'ils ont la garantie de pouvoir échanger avec le maximum de personnes donc en utilisant les solutions les plus ouvertes (pourquoi tout le monde utilise Facebook ? parce que tout le monde utilise Facebook). En tout cas, au delà de l'aspect décentralisé et libre, ce sera mon critère de choix.
EDIT (29/06/2010) : J'espère que d'autres projets comme Movim ou PeerBook vont se rallier au protocole d'échange issu du sommet de Portland. De même il serait intéressant de voir apparaître des modules Drupal, Dotclear... dédié à ce format. A suivre donc !
Vivement les premières versions de ces projets pour que l'on puisse tester.











